Rendre homogène, cela signifie, pourtant, revoir à la baisse les critères actuels de l’agriculture biologique en France. C’est en tout cas l’avis de la Fédération nationale d’agriculture biologique (FNAB). Ce nouveau règlement suppose la disparition des cahiers des charges des labels nationaux, mais permet le double affichage du visuel européen et national. En d’autres termes, la certification AB française n’existera plus en tant que telle à partir du 1er janvier 2009 ; en revanche, le logo AB, bien reconnu par les consommateurs, pourra continuer à être apposé à côté du logo européen. Or, sur certains points, la FNAB reproche au label européen de ne pas être aussi strict que le français, notamment pour l’élevage.


Mieux que l’ancien label européen, moins bon que le français


« Ça reste un bon label bio, et il y a même des améliorations sur certains points » explique Juliette Leroux, chargée de mission réglementation à la FNAB. Les éleveurs devront prendre en compte le bien-être des animaux, et les nourrir avec des aliments bio à 100% et issus de la région. Des listes des intrants utilisables et interdits seront dressées. L’étiquetage sera également plus strict : le logo ne sera apposé que sur les produits contenants plus de 95% d’ingrédients d’origine biologique, et si les autres ingrédients n’existent pas dans l’agriculture bio. Dans les autres cas, l’indication “agriculture biologique” pourra être précisée pour les ingrédients bio, mais le logo sera banni. « Mais beaucoup de caractéristiques françaises seront perdues » regrette-t-elle. Par exemple, l’obligation pour un éleveur de posséder une surface agricole à proximité, la limitation des traitements vétérinaires et allopathiques, ou l’alimentation par ensilage. Un exploitant agricole biologique français ne peut pas, pour l’instant, élever des poulets bio et des vaches non bio ; le label européen le permettra.


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