Cela étant, il faut bien avouer que l'on est quelque peu dans le flou en ce qui concerne les OGM. Les risques sur la santé? On ne les connaît pas, il n'y a pour ainsi dire pas d'études dans ce domaine. Les risques sur l'environnement? Idem: on ne sait que peu de chose avec certitude. Certes, on sait que certains OGM résistants aux herbicides peuvent se croiser avec des plantes sauvages, mais on en connaît mal les conséquences. Pour ce qui est des OGM produisant des insecticides, on sait qu'il peut y avoir diffusion par le pollen. Là non plus, on ne dispose pas d'études scientifiques quant aux conséquences. Le danger premier des OGM est donc le fait que l'on est en présence de fortes suspicions de dangerosité tant pour la santé que pour l'environnement. Toutefois, on connaît une chose avec 100% de certitude: le caractère invasif des OGM, tant via la contamination par les processus naturels que par l'hégémonie d'une poignée de firmes multinationales qui aspirent à contrôler l'alimentation de la planète.» Quelles solutions apportent les OGM à l'agriculture? M. F.: Aucune. En fait, avec les OGM on répète les mêmes anciens problèmes: on crée une plante résistante à l'herbicide Roundup (de Monsanto), les mauvaises herbes finissent par aussi développer une résistance à cet herbicide, alors on crée une plante OGM résistante à deux herbicides et les mauvaises herbes deviennent résistantes aux deux herbicides. Entre-temps on constate que le Roundup finit par polluer les nappes phréatiques. Les OGM ne changent donc rien. De plus, l'OGM est une plante fragile qui doit être davantage protégée. Enfin, côté rendement, ils n'offrent aucun accroissement significatif, au contraire. Si on avait un OGM qui augmentait le rendement de 20%, ça se saurait. Tout cela est, en fin de compte, normal puisque la technologie appartient à quelques grandes multinationales. C'est d'ailleurs pour cela qu'on ne voit sur le marché que des OGM qui ne servent qu'à pousser à la consommation des produits agro-chimiques commercialisées par ces mêmes entreprises. Si la recherche était aux mains des agriculteurs, les OGM présenteraient forcément des solutions compatibles aux intérêts des agriculteurs.»

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