C'est vrai. Mais si les autorités sanitaires américaines n'ont rien remarqué d'inquiétant, c'est notamment parce qu'elles n'ont rien... cherché. Aucune étude n'a été lancée auprès des populations exposées dans ce pays. Pour une raison simple: les variétés génétiquement modifiées de soja, de maïs et de colza y sont mélangées aux autres. Impossible donc de savoir qui a mangé des OGM et en quelles quantités.

Certes, chacun peut constater que l'introduction de ces cultures n'a pas rayé de la carte la nation américaine. Mais des conséquences moins spectaculaires ont très bien pu passer inaperçues, qu'il s'agisse de réactions allergiques ou d'effets toxiques sur le long terme. Sur ces deux points, des institutions comme l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et l'Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) rejoignent des organisations citoyennes telles que le Comité de recherche et d'information indépendantes sur le génie génétique (Criigen). Toutes réclament que les fabricants fournissent des études plus poussées que celles prévues dans la réglementation actuelle.

La menace allergique

Les cas d'allergies alimentaires n'ont cessé d'augmenter au cours des dernières décennies, signe d'un système immunitaire particulièrement réactif chez nos contemporains. Or chaque OGM contient, par définition, une protéine qui n'existait pas dans la variété d'origine. Il convient donc de s'assurer que celle-ci ne risque pas de déclencher une réaction de défense de l'organisme. Pour l'instant, les fabricants procèdent par comparaison, en examinant si la structure moléculaire de la nouvelle protéine ressemble à des allergènes connus, comme ceux du lait, de l'oeuf ou des cacahuètes. Mais l'OMS et l'Efsa penchent pour des tests plus complets, comprenant notamment des expérimentations sur les animaux.

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