Les OGM sont-ils dangereux pour la santé?
Par BioScope |
jeudi 14 février 2008
| OGM
| #137
| rss
Les chercheurs tentent de savoir si les OGM peuvent rendre malade. Problème: jusqu'à aujourd'hui, les tests ont été insuffisants.
L'argument revient sans cesse, comme s'il devait clore à jamais le débat des risques pour la santé: voilà plus de dix ans que les Américains mangent des OGM, et ils ne sont pas malades pour autant! Monsanto, le fabricant du maïs désormais interdit en France, le répète encore dans sa lettre au ministère de l'Agriculture. «Aucun effet néfaste sur la santé n'a été observé au cours des onze années pendant lesquelles les variétés de maïs MON 810 ont été consommées», écrit Jean-Michel Duhamel, président de la filiale française.
C'est vrai. Mais si les autorités sanitaires américaines n'ont rien remarqué d'inquiétant, c'est notamment parce qu'elles n'ont rien... cherché. Aucune étude n'a été lancée auprès des populations exposées dans ce pays. Pour une raison simple: les variétés génétiquement modifiées de soja, de maïs et de colza y sont mélangées aux autres. Impossible donc de savoir qui a mangé des OGM et en quelles quantités.
Certes, chacun peut constater que l'introduction de ces cultures n'a pas rayé de la carte la nation américaine. Mais des conséquences moins spectaculaires ont très bien pu passer inaperçues, qu'il s'agisse de réactions allergiques ou d'effets toxiques sur le long terme. Sur ces deux points, des institutions comme l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et l'Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) rejoignent des organisations citoyennes telles que le Comité de recherche et d'information indépendantes sur le génie génétique (Criigen). Toutes réclament que les fabricants fournissent des études plus poussées que celles prévues dans la réglementation actuelle.
La menace allergique
Les cas d'allergies alimentaires n'ont cessé d'augmenter au cours des dernières décennies, signe d'un système immunitaire particulièrement réactif chez nos contemporains. Or chaque OGM contient, par définition, une protéine qui n'existait pas dans la variété d'origine. Il convient donc de s'assurer que celle-ci ne risque pas de déclencher une réaction de défense de l'organisme. Pour l'instant, les fabricants procèdent par comparaison, en examinant si la structure moléculaire de la nouvelle protéine ressemble à des allergènes connus, comme ceux du lait, de l'oeuf ou des cacahuètes. Mais l'OMS et l'Efsa penchent pour des tests plus complets, comprenant notamment des expérimentations sur les animaux.
Suite de l'article : lexpress.fr








