Les invasions biologiques gagnent du terrain
Par BioScope |
vendredi 29 février 2008
| Agriculture Bio
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Le nombre d'espèces colonisatrices flambe avec la montée des échanges commerciaux. Une étude dénombre pour la première fois leur importance.
Le nombre d'espèces invasives d'insectes connaît une flambée sans précédent en Europe selon l'inventaire que viennent de réaliser pour la première fois 15 instituts de recherche réunis par le projet européen Daisie (Delivering Alien Invasive Species Inventories in Europe). « Entre 1950 et 1974, les chercheurs ont pu observer 8 nouvelles espèces d'insectes exotiques en moyenne chaque année (soit 201 en vingt-cinq ans). Depuis 2000, ce chiffre a grimpé à 17,5 espèces (soit 140 en huit ans) », explique Alain Roques, spécialiste des insectes forestiers à l'unité de recherche zoologique de l'Inra (Institut national de recherche agronomique).
Au total, 1.517 espèces exotiques d'insectes, acariens, vers et autres mollusques terrestres, se sont établis « clandestinement » sur le Vieux Continent, et 964 autres espèces endémiques à l'Europe ont migré de leur région d'origine vers une autre. Avec ce dernier recensement, les chercheurs estiment désormais à 10.800 (faune et flore confondues) le nombre d'organismes vivants émigrés sans permis entre l'Atlantique et l'Oural... Seulement 9 % de ces espèces ont été délibérément introduites par l'homme à des fins récréatives (par exemple pour des élevages de papillons destinés aux collectionneurs) ou pour la lutte biologique. Les autres proviennent principalement d'Asie, largement devant l'Amérique du Nord, preuve, selon Alain Roques, que « l'accélération du nombre d'espèces invasives est directement liée à la mondialisation des échanges ». Les vecteurs : produits agricoles, bois d'emballage, plantes ornementales, graines, animaux domestiques, vivarium...
La greffe ne prend pas toujours. « Sur un millier d'espèces végétales exotiques susceptibles de coloniser un nouveau territoire, 100 parviennent à planter leurs racines, 10 s'établissent durablement, mais une seulement parvient à étendre son aire de distribution. On est sans doute dans les mêmes proportions s'agissant des invertébrés », compare le chercheur.
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