Au total, 1.517 espèces exotiques d'insectes, acariens, vers et autres mollusques terrestres, se sont établis « clandestinement » sur le Vieux Continent, et 964 autres espèces endémiques à l'Europe ont migré de leur région d'origine vers une autre. Avec ce dernier recensement, les chercheurs estiment désormais à 10.800 (faune et flore confondues) le nombre d'organismes vivants émigrés sans permis entre l'Atlantique et l'Oural... Seulement 9 % de ces espèces ont été délibérément introduites par l'homme à des fins récréatives (par exemple pour des élevages de papillons destinés aux collectionneurs) ou pour la lutte biologique. Les autres proviennent principalement d'Asie, largement devant l'Amérique du Nord, preuve, selon Alain Roques, que « l'accélération du nombre d'espèces invasives est directement liée à la mondialisation des échanges ». Les vecteurs : produits agricoles, bois d'emballage, plantes ornementales, graines, animaux domestiques, vivarium...

La greffe ne prend pas toujours. « Sur un millier d'espèces végétales exotiques susceptibles de coloniser un nouveau territoire, 100 parviennent à planter leurs racines, 10 s'établissent durablement, mais une seulement parvient à étendre son aire de distribution. On est sans doute dans les mêmes proportions s'agissant des invertébrés », compare le chercheur.

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