Pourtant, Correns, petit bourg provençal de 800 habitants, blotti à l'entrée des gorges de la Bagarède et du vallon Sourn, sur les rives de l'Argens, revient de loin. Situé à une quinzaine de kilomètres de Brignoles, le village a fait un pari fou : passer de l'agriculture classique à l'agriculture biologique. Une révolution dans une région réputée conservatrice et régulièrement menacée par la surproduction. Tout commence en 1997, en pleine crise viticole, lorsque le maire, Michaël Latz, vigneron, héritier du domaine des Aspras, et ingénieur agronome de formation, propose à tous les agriculteurs de passer en même temps au bio. Son constat est sans appel : la commune est enclavée et la faible superficie de ses exploitations morcelées - 10 hectares, soit trois fois moins que la moyenne provençale - la condamne à plus ou moins long terme à la disparition. De plus, sa production atypique de vin blanc, dans un terroir de rosé, ne plaide pas en sa faveur. «On jouait tout simplement notre survie économique. Et cela, tout le monde l'a compris, assure Michaël Latz. Mais quand j'ai abordé la question de l'agriculture biologique, je m'attendais à rencontrer de la résistance, de l'incompréhension, de la méfiance. Ce fut le contraire, à de très rares exceptions près, l'adhésion a été totale.»

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