Le village qui a gagné le pari du bio
Par BioScope |
mardi 16 octobre 2007
| Agriculture Bio
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A Correns (Var), «premier village bio de France», les agriculteurs, les élus, la cantine scolaire... ont réussi leur mutation vers le tout-naturel. Un choix économique raisonné.
Lentement, les collines de l'arrière-pays varois s'embrasent. Une à une, les vignes se teintent de rouge et d'or. A Correns, autoproclamé «premier village bio de France», les vendanges viennent à peine de se terminer. La sécheresse a pris sa dîme sur la production mais les vignerons affichent une étrange sérénité. On dit même que le millésime 2007 des côtes- de-provence et des coteaux-varois sera exceptionnel. «Avec un peu de chance, nous allons avoir un grand vin cette année, explique en souriant Emmanuel Gaujal, l'un des pionniers de l'oenologie en Provence et âme du domaine de Miraval, qui produit l'un des meilleurs vins de la région. Une nouvelle fois, notre travail devrait porter ses fruits et permettre aux cépages syrah et vermentino de donner le meilleur d'eux-mêmes.» De la cave coopérative bio aux vignerons indépendants, chacun savoure discrètement sa réussite.
Pourtant, Correns, petit bourg provençal de 800 habitants, blotti à l'entrée des gorges de la Bagarède et du vallon Sourn, sur les rives de l'Argens, revient de loin. Situé à une quinzaine de kilomètres de Brignoles, le village a fait un pari fou : passer de l'agriculture classique à l'agriculture biologique. Une révolution dans une région réputée conservatrice et régulièrement menacée par la surproduction. Tout commence en 1997, en pleine crise viticole, lorsque le maire, Michaël Latz, vigneron, héritier du domaine des Aspras, et ingénieur agronome de formation, propose à tous les agriculteurs de passer en même temps au bio. Son constat est sans appel : la commune est enclavée et la faible superficie de ses exploitations morcelées - 10 hectares, soit trois fois moins que la moyenne provençale - la condamne à plus ou moins long terme à la disparition. De plus, sa production atypique de vin blanc, dans un terroir de rosé, ne plaide pas en sa faveur. «On jouait tout simplement notre survie économique. Et cela, tout le monde l'a compris, assure Michaël Latz. Mais quand j'ai abordé la question de l'agriculture biologique, je m'attendais à rencontrer de la résistance, de l'incompréhension, de la méfiance. Ce fut le contraire, à de très rares exceptions près, l'adhésion a été totale.»
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