Grenelle : premiers engagements de la grande distribution
Par BioScope |
jeudi 14 février 2008
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Le ministère de l’écologie et le secteur de la distribution ont fixé par convention les engagements du secteur pour les 5 ans à venir. Produits bio, bilan carbone, étiquetage des produits, déchets…le texte généralise des initiatives prises depuis peu par plusieurs enseignes.
Dans la suite des négociations du Grenelle, une convention a été signée le 29 janvier 2008 entre le Medad et la FCD (Fédération du commerce et de la distribution) sur les engagements pris par le secteur en matière de développement durable. Mesure emblématique annoncée par Jean-Louis Borloo dès la fin du Grenelle, l’étiquetage environnemental démarre en 2008 par une expérimentation sur 300 produits de consommation courante – alimentation, droguerie, hygiène et parfumerie-. Objectif : informer les consommateurs sur les principaux impacts environnementaux des produits de consommation courante d’une part, et encourager la réduction de ces impacts d’autre part.
La démarche sera « progressivement étendue, à compter de 2010, en fonction des résultats obtenus », indique le Medad. Pour y parvenir, une méthodologie doit être trouvée, à l’instar de celle mis en place récemment chez Casino. L’enseigne s’est en effet engagée en juillet 2007 à étiqueter près de 3000 produits issus de sa marque en donnant pour chacun d’eux les émissions de CO2 liées à la fabrication de l’emballage, les possibilités de recyclage, ainsi que les kilomètres parcourus par le produit. Un code couleur (du vert au rouge) sera décliné selon l’ampleur des impacts environnementaux associés au produit, à l’image de l’étiquette énergie. A titre d’exemple, un emballage de 4 filets de cabillaud pourrait porter les informations suivantes : «37g de CO2 émis pour la fabrication de l’emballage », « 3000 km parcourus », « 38% de l’emballage sera recyclé compte-tenu du taux actuel de tri des ménages » et « 89% de l’emballage est recyclable si on trie tous ». La méthode a été approuvée par l’ADEME, qui a également apporté un soutien financier à la démarche de Casino. Autre engagement très attendu : augmenter d’au moins 15 % par an la part des produits issus de l’agriculture biologique dans le total des ventes alimentaires. Actuellement, le marché du bio ne représente que 1,1 % du total des ventes alimentaires (contre 3,3 % en Allemagne) mais sa progression, grâce aux marques de distributeurs moins chères que les « grandes » marques, montre que la demande est bien présente.
"Manque de visibilité"
Plus vague, l’engagement de « promotion des labels auprès du grand public » consiste à doubler, d’ici 3 ans, le nombre de produits mis sur le marché bénéficiant d’un éco-label, « à travers notamment l’organisation conjointe d’une campagne nationale d’information et de communication destinée au grand public ». Selon le Medad, les éco-labels souffrent en France d’un « déficit de visibilité » et de reconnaissance par les consommateurs. Ils souffrent également, peut on ajouter, d’une multiplication qui créé la confusion (voir article lié). Entre les labels, publics ou privés, octroyés par des organismes certificateurs, et les gammes de produits proclamés “verts” par les marques ou les distributeurs, les pouvoir publics auront beaucoup à faire pour éclairer les choix des consommateurs. Si tous les labels ne se valent pas, les écolabels publics ne sont pas nécessairement plus stricts que les privés…
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